POLYEUCTE.

Vous ne m'étonnez point: la pitié qui me blesse85
Sied bien aux plus grands cœurs, et n'a point de foiblesse[1183].
Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort:
Tel craint de le fâcher qui ne craint pas la mort;
Et s'il faut affronter les plus cruels supplices,
Y trouver des appas, en faire mes délices,90
Votre Dieu, que je n'ose encor nommer le mien,
M'en donnera la force en me faisant chrétien.

NÉARQUE.

Hâtez-vous donc de l'être.

POLYEUCTE.

Oui, j'y cours, cher Néarque,
Je brûle d'en porter la glorieuse marque;
Mais Pauline s'afflige, et ne peut consentir,95
Tant ce songe la trouble! à me laisser sortir.

NÉARQUE.

POLYEUCTE.

Apaisez donc sa crainte,
Et calmez la douleur dont son âme est atteinte.
Elle revient.

NÉARQUE.