C'est à moi d'obéir, puisque vous commandez;
Mais voyez les périls où vous me hasardez.
FÉLIX.
Ta vertu m'est connue.
PAULINE.
Elle vaincra sans doute;
Ce n'est pas le succès que mon âme redoute:
Je crains ce dur combat et ces troubles puissants355
Que fait[1201] déjà chez moi la révolte des sens;
Mais puisqu'il faut combattre un ennemi que j'aime,
Souffrez que je me puisse armer contre moi-même,
Et qu'un peu de loisir me prépare à le voir.
FÉLIX.
Jusqu'au-devant des murs je vais le recevoir;360
Rappelle cependant tes forces étonnées,
Et songe qu'en tes mains tu tiens nos destinées.
PAULINE.
Oui, je vais de nouveau dompter mes sentiments,
Pour servir de victime à vos commandements.
FIN DU PREMIER ACTE.