[944] Var. La mort de Toranius, père d'Émilie.

[945] Var. De peur que trop d'ardeur touchant vos intérêts
Sur mon visage ému ne peignît nos secrets:
Notre amour n'est connu que d'Évandre et Fulvie. (1643-56)

[946] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.

[947] Fénelon, dans sa Lettre à l'Académie sur l'éloquence, dit: «Il me semble qu'on a donné souvent aux Romains un discours fastueux; je ne trouve point de proportion entre l'emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna et la modeste simplicité avec laquelle Suétone le dépeint.» Il est vrai; mais ne faut-il pas quelque chose de plus relevé sur le théâtre que dans Suétone? Il y a un milieu à garder entre l'enflure et la simplicité. Il faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes. L'archevêque de Cambrai avait d'autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affectation dans l'habillement, dans la déclamation et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démarche d'un matamore, coiffé d'une perruque carrée qui descendait par devant jusqu'à la ceinture; cette perruque était farcie de feuilles de laurier et surmontée d'un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange. Il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étaient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage, et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers:

Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune,
D'un courtisan flatteur la présence importune.

Il faisait bien sentir que c'était eux qu'il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n'y a rien dans le commencement de cette scène qui empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n'a point encore parlé avec bonté, avec amitié, à Cinna et à Maxime; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l'onde.» (Voltaire.)

[948] Var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56)

[949] «Remarquez bien cette expression, disait Racine à son fils. On dit aspirer à monter; mais il faut connoître le cœur humain aussi bien que Corneille l'a connu pour pouvoir dire de l'ambitieux qu'il aspire à descendre.»—Chaulmer écrivait en 1638, dans sa Mort de Pompée (acte I, scène I), ces vers qui, bien qu'ils contiennent une idée fort différente, ont une grande analogie d'expression avec ceux de notre poëte:

Gardons la liberté de la chose publique,
Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique
D'un enfant sans respect, ou d'un tigre plutôt
Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut;
Qu'il sache en se perdant que qui veut y prétendre,
Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre.

[950] Var. Sylla s'en est démis, mon père l'a gardé,
Différents en leur fin comme en leur procédé:
L'un, cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56)