[1122] On trouve dans l'édition de M. Lefèvre la distribution de rôles suivante, qui, si elle était authentique, établirait que la pièce a été jouée au Marais: Polyeucte, d'Orgemont; Sévère, Floridor; Néarque, Desurlis; Pauline, Mlle Duclos; mais nous avons déjà eu bien souvent l'occasion de voir que les renseignements de ce genre ne reposent dans cette édition sur aucun document certain. Nous ne citerons que pour mémoire une autre source tout aussi peu sûre: un Journal du Théâtre françois manuscrit qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque impériale et qui appartenait autrefois à M. Beffara. Une note de cet amateur, placée en tête du premier volume, attribue avec beaucoup de vraisemblance l'ouvrage à de Mouhy, auteur des Tablettes dramatiques. On y lit (tome II, folio 804 recto): «Les acteurs qui jouèrent d'original dans Polyeucte furent Baron, Champmeslé, la Thuillerie, Hauteroche, Beauval, Guérin, Hubert, le Comte, et les demoiselles le Comte et Guyot.»

[1123] Pratique du théâtre, livre IV, nouveau chapitre VI manuscrit, intitulé: des Discours de piété, dirigé principalement contre Polyeucte et Théodore, et ajouté à l'exemplaire que nous avons déjà cité ci-dessus, p. 276, note 2.

[1124] Note sur la scène III de l'acte IV.

[1125] Note sur la scène VI de l'acte V.

[1126] Voyez, dans les Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 110 et suivantes), une Étude de Pauline dans Polyeucte, et dans les Mémoires pour Marie-Françoise Dumesnil en réponse aux Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 168 et suivantes), une critique très-vive, mais fort juste, de cette Étude.

[1127] Lettre à Mylord*** sur Baron et Mlle Lecouvreur, p. 23-25.

[1128] Histoire du Théâtre françois, par C. G. Étienne et B. Martainville, tome III, p. 56 et note.

[1129] Page 215.

[1130] Le 1er mai 1794.—Lemazurier, tome I, p. 555.

[1131] Anne d'Autriche, fille aînée de Philippe III, roi d'Espagne, mariée à Louis XIII le 25 décembre 1615, devint régente du royaume quatre jours après la mort du Roi, le 18 mai 1643, c'est-à-dire entre l'époque où Corneille obtint le privilége de Polyeucte et celle où cette pièce fut imprimée (voyez plus haut, p. [468]). On trouve ici l'expression fort naturelle de la reconnaissance de Corneille envers la Reine, qui s'était montrée très-favorable au Cid et à son auteur (voyez ci-dessus, p. [15] et [16]). C'était d'abord à Louis XIII que cette dédicace devait être adressée. On lit dans l'Historiette que lui a consacrée Tallemant des Réaux (tome II, p. 248): «Depuis la mort du Cardinal, M. de Schomberg lui dit que Corneille vouloit lui dédier la tragédie de Polyeucte. Cela lui fit peur, parce que Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna. «Il n'est pas nécessaire, dit-il.—Ah! Sire, reprit M. de Schomberg, ce n'est point par intérêt.—Bien donc, dit-il, il me fera plaisir.» Ce fut à la Reine qu'on la dédia, car le Roi mourut entre deux.»—Cette épître et l'Abrégé du martyre, qui la suit, se trouvent dans les éditions antérieures à 1660 et dans une édition in-12 de 1664 que possède la Bibliothèque impériale.