La Pharsale de Brébeuf est postérieure d'une dizaine d'années au Pompée de Corneille: elle a paru de 1653 à 1655, en cinq parties, réunies plus tard sous un titre commun portant la date de 1656. Nous citerons çà et là, de préférence à toute autre traduction, cette oeuvre presque contemporaine, très-propre, ce nous semble, à rehausser par la comparaison le génie de Corneille, que Brébeuf au reste admirait sincèrement et auquel il rend cet éclatant hommage dans l'Avertissement des «sept et huitième livres» de la Pharsale; «Je ne me suis pas satisfait moi-même dans les sujets que M. de Corneille a traités, et ses nobles expressions étoient si présentes à mon esprit, qu'elles n'étoient pas un médiocre empêchement aux miennes. Dans ce poëme inimitable qu'il a fait de la Mort de Pompée, il a traduit avec tant de succès, ou même rehaussé avec tant de force ce qu'il a emprunté de Lucain, et il a porté si haut la vigueur de ses pensées et la majesté de son raisonnement, qu'il est sans doute un peu malaisé de le suivre; mais je crois, lecteur, qu'il m'a été permis de n'égaler pas un style qui semble être la dernière élévation du génie, et que je ne serai pas coupable dans votre esprit pour n'avoir pas imité assez heureusement ce qui a été l'admiration de tout le monde.»
[25] Voyez ci-dessus, p. [11], note 21.
[26] Var. (édit. de 1648-1656: en mes derniers ouvrages.—Dans l'impression originale dont nous suivons le texte pour ces préliminaires, Corneille ne parle que de ses deux derniers ouvrages, parce que pour le Cid et Horace il n'a pas donné les extraits de Mariana et de Tite Live dans la première édition de chacune de ces pièces, mais seulement dans les recueils antérieurs à 1660: voyez tome III, p. 79, note 1, et p. 262, note 1.
[27] L'avis Au lecteur finit ici dans les éditions de 1654 et de 1656.
[28] Voyez ci-après l'Appendice, p. [103] et suivantes.
[29] Var. (édit. de 1648, 1652 et 1655): cent ou deux cents vers traduits ou imités de lui, que tu reconnoîtras aux mêmes marques que tu as déjà reconnu ce que j'ai emprunté de D. Guillen de Castro dans le Cid. J'ai tâché de suivre ce grand homme dans le reste.—Les impressions de 1648, 1652 et 1655 sont les seules qui aient cette variante, parce qu'elles sont aussi les seules où Corneille ait placé au bas des pages, pour le Cid, les extraits de Guillen de Castro: Voyez tome III, p. 199, note 553.
[30] Ce mot était masculin à cette époque. Voyez le Lexique.
[31] On aimait assez alors à laisser ainsi certains passages latins sans les traduire, afin de donner aux beaux esprits une occasion facile de briller auprès des dames. Voyez tome III, p. 45 et 46, ce que Balzac écrit à Scudéry dans une circonstance analogue.
[32] Cet extrait latin et les deux suivants ne sont que dans les éditions de 1644-1652 et dans celle de 1655.