Vous daignâtes m'aimer dès mes plus jeunes ans;

Le sceptre que je porte est un de vos présents;

Vous m'avez par deux fois rendu le diadème:

J'avoue, après cela, Seigneur, que je vous aime,1290

Et que mon cœur n'est point à l'épreuve des traits

Ni de tant de vertus, ni de tant de bienfaits.

Mais, hélas! ce haut rang, cette illustre naissance,

Cet État de nouveau rangé sous ma puissance,

Ce sceptre par vos mains dans les miennes remis,1295

A mes vœux innocents sont autant d'ennemis.