(Acte III, scène IV, vers 1001 et 1002.)
[885] Var. Sachez que mon amour n'est qu'un noble projet. (1651-56)
[886] Var. Nous allons donc penser à vous en rendre grâce.
ARS. Allez, et soyez sûr que je n'oublierai rien. (1651-56)
[887] Var. Point de mais, ni de si;
Va, tu ne sauras rien que tout n'ait réussi. (1651-56)
[888] Var. Et ne connoisse mal qu'il n'est fourbe ni crime. (1656)
[889] «Corneille donne ici, contre la vérité historique, l'exemple d'une licence qui, à ce que nous croyons, ne doit jamais être imitée. Le Flaminius qu'il introduit dans sa pièce n'était point du tout, comme il le suppose, fils du général qui fut vaincu, et qui périt à la journée de Trasimène. Ces deux Flaminius n'avaient pas même une origine commune. Celui qui combattit contre Annibal se nommait Caïus Flaminius, et sa famille était plébéienne; l'autre, patricien de naissance, se nommait T. Quintus Flaminius, et fut en effet député à la cour de Prusias, pour y demander, au nom des Romains, Annibal, qui s'était réfugié chez ce prince. Corneille, quoique très-instruit, fut trompé, selon toute apparence, par la conformité des noms; et ce qui nous le persuade, c'est que, lorsqu'il se permet de donner volontairement quelque atteinte à la vérité de l'histoire, il ne le dissimule jamais dans l'examen de ses pièces, et qu'il y rend compte des motifs qui ont pu l'autoriser à se donner cette licence; mais on ne trouve rien ni dans la préface, ni dans l'examen de Nicomède, qui prouve que Corneille ait cru prendre ici quelque liberté.» (Palissot.)—Les noms mêmes différent: le vaincu de Trasimène se nomme C. Flaminius; l'ambassadeur que Corneille met en scène, T. Quinctius Flamininus. Voyez ci-dessus, p. [510].
[890] «Supposition gratuite du poëte. L'histoire ne dit point qu'Annibal ait tué de sa main le consul Flaminius. Mais on passe aisément sur l'invention parce que, sans cette circonstance particulière, la défaite et la mort de Flaminius suffiraient amplement à motiver le ressentiment d'un fils. Ce qui choque davantage, c'est la prétention d'Arsinoé d'être la cause première de la mort d'Annibal, c'est la fausse apologie de Rome, que dément toute l'histoire. Tite Live est plus sincère: Semper talem exitum vitæ suæ Hannibal prospexerat animo, et Romanorum inexpiabile odium in se cernens.... «Liberemus, inquit, diuturna cura populum romanum, quando mortem senis exspectare longum censent,» etc. (Lib. XXXIX, cap. LI.) Ne dirait-on pas qu'il a pris un remords à Corneille de maltraiter ses chers Romains dans cette pièce, et qu'il veut les relever un peu? Arsinoé se donne trop d'importance et se fait plus criminelle qu'elle ne l'est. Elle pouvait se rendre l'instrument des desseins de Rome afin d'en profiter pour elle-même et pour son fils. Mais qu'elle eût pu influer sur la politique du sénat et l'émouvoir à son gré, c'est une illusion à laquelle on ne se prêtera pas, pour peu qu'on connaisse l'antiquité.»—Nous n'avons pu résister au désir de citer textuellement cette excellente note, tirée de l'édition de Nicomède donnée par M. Naudet, et il nous est encore arrivé quelques autres fois de céder à des tentations semblables.
[891] L'édition de 1692 a ainsi modifié ce vers:
Et voilà le scrupule où Rome s'intéresse.
[892] Var. C'est pourquoi donc Attale entreprend sa maîtresse! (1651-56)