DÉCORATION DU SECOND ACTE.
Cette place publique s'évanouit[ [569] en un instant pour faire place à un jardin délicieux; et ces grands palais sont changés en autant de vases de marbre blanc, qui portent alternativement, les uns des statues d'où sortent[ [570] autant de jets d'eau, les autres des myrtes, des jasmins et d'autres arbres de cette nature. De chaque côté se détache un rang d'orangers dans de pareils vases, qui viennent former un admirable berceau jusqu'au milieu du théâtre, et le séparent ainsi en trois allées, que l'artifice ingénieux de la perspective fait paroître longues de plus de mille pas. C'est là qu'on voit Andromède avec ses nymphes, qui cueillent des fleurs, et en composent une guirlande dont cette princesse veut couronner Phinée, pour le récompenser, par cette galanterie, de la bonne nouvelle qu'il lui vient d'apporter.
SCÈNE PREMIÈRE.
ANDROMÈDE, chœur de Nymphes[ [571].
ANDROMÈDE.
Nymphes, notre guirlande est encor mal ornée;
Et devant qu'il soit peu nous reverrons Phinée, 455
Que de ma propre main j'en voulois couronner
Pour les heureux avis qu'il vient de me donner.