Ma frayeur a pour moi mille mortelles feintes,

Cependant que la mort me fuit: 815

Je pâme au moindre vent, je meurs au moindre bruit;

Et mes espérances éteintes

N'attendent la fin de mes craintes

Que du monstre qui les produit.

Qu'il tarde à suivre mes desirs! 820

Et que sa cruelle paresse

A ce cœur dont ma flamme est encor la maîtresse

Coûte d'amers et longs soupirs!