Ce prince malheureux cherche à vous obéir.
FIN DU SECOND ACTE.
ACTE III.
DÉCORATION DU TROISIÈME ACTE.
Nos théâtres n'ont encore rien fait paroître de si brillant que le palais du roi Aæte, qui sert de décoration à cet acte. On y voit de chaque côté deux rangs de colonnes de jaspe torses, et environnées de pampres d'or à grands feuillages, chantournées, et découpées à jour, au milieu desquelles sont des statues d'or à l'antique, de grandeur naturelle. Les frises, les festons, les corniches et les chapiteaux sont pareillement d'or, et portent pour finissements des vases de porcelaine d'où sortent de gros bouquets de fleurs aussi au naturel[ [402]. Les bases et les piédestaux sont enrichis de basses-tailles[ [403], où sont peintes diverses fables de l'antiquité. Un grand portique doré, soutenu par quatre autres colonnes dans le même ordre, fait la face du théâtre, et est suivi de cinq ou six autres de même manière, qui forment, par le moyen de ces colonnes, comme cinq galeries, où la vue s'enfonçant, découvre ce même jardin de cyprès qui a paru au premier acte.
IIe DÉCORATION DU TROISIÈME ACTE[ [404].
Ce palais doré se change en un palais d'horreur, sitôt que Médée a donné un coup de baguette. Tout ce qu'il y a d'épouvantable [ 300] en la nature y sert de Termes. L'éléphant, le rhinocéros[ [405], le lion, l'once, les tigres, les léopards, les panthères, les dragons, les serpents, tous avec leurs antipathies à leurs pieds, y lancent des regards menaçants. Une grotte obscure borne la vue, au travers de laquelle l'œil ne laisse pas de découvrir un éloignement merveilleux que fait la perspective. Quatre monstres ailés et quatre rampants enferment Hypsipyle, et semblent prêts à la dévorer.