[I] On voit sensiblement par cet exemple, que le langage des signes est une définition perpétuèle des idées qu'on y exprime: mais définition nécéssairement claire & sans équivoque, parce qu'elle est toute en images. Celui qui se sert de ce langage, peut sans doute se tromper: mais on voit dans chaque expression, come à travers une glace transparente, l'idée précise qu'il se fait des objèts. Ce langage, s'il s'acréditoit parmi les homes, seroit d'un grand secours dans la recherche de la vérité. On s'entendroit du moins, & il n'y auroit plus matière à ce qu'on apèle disputes de mots. Il seroit come impossible qu'on pût jamais y substituer des disputes de signes.
[J] Vol. in-12. A Paris, chez Nyon, 1776.
[K] Il est en effet surprenant que tout ce que Mr. l'Abbé De l'Épée a démontré sur l'utilité de ce langage, destiné par la Nature elle-même à devenir une langue universèle, un lien de comunication pour tous les homes, n'ait encore engagé presque persone à l'aprendre. On pâlit sur les livres pour aquérir une conoissance imparfaite des langues mortes & étrangères; & l'on refuse de doner quelques semaines à l'intelligence d'une langue aussi simple que facile, qui pouroit devenir le suplément de toutes les autres.
[L] On a vu ci-dessus, pages 2, 3, que ces espérances s'étoient déja réalisées.