— Il faudrait que je vous explique tout au fond. Vous ne voyez pas… vous ne sentez pas…

— D’abord y a-t-il un ou deux ans ? ce n’est pas la même chose. Vous êtes vague, vous inventez, voyons, mon petit.

— Je rechercherai. Je n’ai aucune mémoire. Vraiment je ne sais pas quand cela a commencé. Au milieu de toutes ces femmes… Il y a eu des reprises, avant l’arrêt complet. Depuis… Mettons un an, je ne puis plus du tout, mais du tout, approcher une femme qui ait l’air un peu propre, propre !… enfin vous me comprenez.

— Mon cher Gille, vous êtes fatigué. Reposez-vous. J’ai entendu dire qu’il fallait que les hommes se méfient de l’amour et une amie qui s’y connaît, m’a dit un jour : « l’amant, c’est celui qui n’est pas si bête, qui ne couche jamais. » Vous l’avez donc tant fait que ça ?

— Tous les jours.

— Les maladies, les voyages, la campagne, que sais-je ? rien ne vous a arrêté ?

— Huit jours, quinze jours une ou deux fois, je me suis arrêté.

— Eh bien, arrêtez-vous encore.

— Voici que maintenant la fatigue explique tout, ricana Gille.

IX