Je suis heureux que mon ode t'ait fait quelque plaisir. Son succès ici passe mon espérance. Elle a été réimprimée par sept ou huit journaux. Je vais la présenter au Roi.
Adieu, mon excellent père, je n'ai que le temps de fermer cette lettre et de t'embrasser bien tendrement. Ma femme et Didine embrassent la tienne.
Didine nous a un peu inquiétés ces jours-ci: ses dents la tourmentent.
Je reçois à l'instant une lettre d'Émile Deschamps où je lis: «M. le Général Hugo nous a fait bien plaisir en devenant lieutenant-général. Y aurait-il quelque moyen de lui faire parvenir nos félicitations et l'hommage de mon respect?» Tout le monde applaudit.
Le 24 juin, en effet, l'auteur de l'Ode sur le Sacre avait l'honneur de présenter lui-même ses vers au roi.
O Dieu! garde à jamais ce roi qu'un peuple adore!
Romps de ses ennemis les flèches et les dards,
Qu'ils viennent du couchant, qu'ils viennent de l'aurore,
Sur des coursiers ou sur des chars!
Charles, comme au Sina, t'a pu voir face à face!