Mon Adèle me charge de mille tendresses pour toi et pour ta femme.

Abel se joint à nous. Il se porte toujours bien et t'attend impatiemment.

La venue à Paris du général et de la comtesse Hugo mit momentanément fin à ce malentendu. Le jeune ménage a fait la connaissance de la belle-mère. Il n'a plus l'excuse de ne la point connaître.

Puis, les parents étant repartis, emmenant avec eux l'enfant malade et la nourrice, le moment eût été singulièrement mal choisi de ne pas joindre aux formules de politesse pour Mme Hugo les nécessaires mensonges d'une affection, toute sur le papier.

Victor, dont la femme a mal au pied, s'exécute sans enthousiasme. Quant à Adèle Hugo, sa lettre est pleine de cœur et de simplicité. Elle nous fait mieux connaître la jeune femme devenue maman. Elle n'a dans ses lignes brèves nul souci de la littérature.

Son Léopold l'intéresse seul. La nourrice manque peut-être de propreté et demande à être surveillée à ce point de vue; mais, que de jolis détails, à côté de la biscotte, chère aujourd'hui aux spécialistes de l'estomac, dont cette lettre nous révèle déjà l'existence[72].

[72] «Les biscottes de Bruxelles sont recherchées.» (Compl. de l'Acad.)

Pour elle, la belle-mère est devenue «maman», et, sous sa plume, l'effort ne se sent pas.

Mon cher papa,

Ta bonne et précieuse lettre pouvait seule nous consoler du départ de notre père et de notre fils. Les tendres soins que ta femme a prodigués durant la route à son pauvre petit-fils nous ont attendris et touchés profondément. Chaque jour nous prouve de plus qu'elle a pour nous ton cœur, et c'est un témoignage qu'il m'est bien doux de lui rendre.