Ton fils tendre et respectueux,
Victor.

Mes empressés hommages à la grand'maman.

Il était malheureusement de la santé physique du petit Léopold, comme de la santé morale d'Eugène. Le lait de la nouvelle nourrice, le changement d'air, les soins dont il était entouré, n'avaient pu avoir raison de l'état bien précaire du nourrisson. Les nouvelles envoyées par le général à son fils laissent bien peu d'espoir.

Mon cher papa,

L'impatience d'avoir des nouvelles de son Léopold, a porté ma femme à décacheter hier la lettre que tu écrivais à son père. Tu peux juger de sa désolation et de ses inquiétudes.

Pour moi, bon et excellent père, je me confie avec une tendre confiance aux sollicitudes maternelles de ta femme. Dis-lui, répète-lui cent fois, que nul être au monde ne sent plus profondément que moi tout ce qu'elle fait pour ce pauvre enfant qui sera plus encore à elle qu'à moi.

Nous espérons, puisque ta lettre permet encore d'espérer, nous espérons puisque ta femme a eu la secourable pensée de s'adresser au ciel, nous espérons enfin, parce que vous êtes là, vous, ses bons parents, ses protecteurs, ses sauveurs.

Envoie-nous promptement de ses nouvelles, cher papa. Nous espérons, mais nous sommes résignés; c'est une force qui vient aussi du ciel. Adèle attend ta réponse avec courage; je ne t'embrasse pas pour elle, elle veut le faire elle-même. Porte l'expression de ma tendre et profonde reconnaissance au pied de la grand'maman de ce pauvre petit ange. Je t'embrasse encore une fois avec tendresse et respect.

6 8bre

Le cri de la mère, menacée dans le fruit de ses entrailles, est terrible et angoissant. Sa lettre, ce mot rapide, n'a point la tenue de celle de Victor. On sent les larmes prêtes à jaillir.