LE GRAND ET LE PETIT TROTTOIR

Par M. Paul Bourget, dont la prose et les pensées édifiantes, ne faisaient pas, à cette époque heureuse, concurrence à celles de M. Henry Bordeaux, nous connaissons depuis longtemps les corsets noirs de Mme Moraines.

Les bas noirs et le corset noir, ah oui! des souvenirs plus lointains encore que ceux de la bicyclette, et que gardera de l'oubli le crayon divin de Willette.

Mais, ne nous émotionnons pas; laissons à nos aînés le regret du bas blanc et de tout ce qui fit l'élégance des femmes de la Restauration et du Second Empire.

Poussant l'indiscrétion plus loin que l'auteur de Mensonges, enquérons-nous auprès des romanciers des dessous de la Parisienne.

Mondaines, quarts de mondaines, mannequins ou simples trottins, ils n'ont point manqué de déshabiller leurs héroïnes. Nous connaissons le tissu de leurs chemises et la forme de leurs pantalons; la plupart en portent; et si, d'aventure, elles n'en ont pas, nos maîtres n'auront garde d'omettre ce détail.

Brève revue du roman contemporain à laquelle manqueront la bousculade et les parlementaires de Longchamp—qui s'en plaindra?

Mon vieil ami Jean Ajalbert—l'ordre alphabétique l'ordonne—prendra la tête de défilé et j'en suis convaincu, saura ne pas perdre le point de direction.