«Miss Gopsel s'inclina avec respect et s'avança, d'un pas ferme et délibéré, comme un soldat qui défile la parade. Grande, étroite, osseuse avec son long cou, son front énorme et ses cheveux coupés courts un peu au-dessous de la nuque, elle avait l'aspect d'un pommeau de canne sortant d'un fourreau de parapluie.
«Il était facile de voir que, même aux jours les plus plantureux du printemps de sa vie, la couturière n'avait jamais eu besoin d'élargir le devant de son corsage.
«Mettre la main à la besogne, ce fut bientôt fait. Elle n'eut qu'à poser la dextre sur l'épaule de la victime qui, demi-morte de peur, plia comme un roseau sous le poids d'une grue; et en moins d'une seconde, le pantalon avait glissé jusqu'aux chevilles, tandis que jupes et chemise remontées par dessus la tête laissaient exposé au regard ce que de nos jours on ne montre même plus à M. Diafoirus.
«Sans s'attarder à un spectacle dépourvu pour elle d'intérêt, Miss Rabbit brandissait, d'une façon terrible, une baguette flexible que six fois elle leva et baissa avec force et méthode, marbrant les grasses chairs de cette belle fille de six longues rayures rouges»[344].
Hector France ne s'en est pas tenu là. Le pauvre La Cécilia lui avait raconté déjà avoir entendu, en traversant un corridor de l'école où il donnait des leçons de français, le bruit d'une fessée donnée à une des plus grandes élèves,—une superbe Irlandaise de dix-sept ans, mais en paraissant bien vingt,—et ce n'était là qu'une petite fessée, little whipping, confessa une sous-maîtresse.
Le Town-Talk, dans les campagnes qu'il a menées contre les fessées scolaires, non qu'elles n'aient «du bon», mais qui ne devraient pas être données «en public», lui a apporté bien d'autres révélations.
Les correspondants même du journal,—la plupart partisans du fouet, souvent anciennes directrices de pensionnats—avaient, par leurs lettres, fourni les principaux éléments de cette enquête à posteriori.
Dans sa Pudique Albion, Hector France a traduit quelques-unes de ces lettres, non sans en atténuer la forme quand il était besoin, car le latin n'est pas seul à braver l'honnêteté. C'est toujours la même cérémonie, et le rite n'en varie guère: la patiente, quelle que soit la pension, reçoit l'ordre soit d'ôter sa robe et son pantalon[345], soit de retirer ses pantalons[346], la séance ayant régulièrement lieu «jupes troussées et pantalon bas»[347].