Entre femmes, cela n'a pas d'importance, dira-t-on. Oui et non. Il y en a qui sont, sur ce point, particulièrement délicates, et que froisse l'étalage de toute cette lingerie intime.

«Cela parut à la fiancée comme une profanation. Elle se persuada que ces rieuses et malicieuses personnes devinaient ses formes d'après les courbes des intimes vêtements. Une contrariété»[353].

C'est pis lorsque la curiosité des beaux messieurs inspecte ces dessous, et prête entre l'un d'eux et des élégantes à ce dialogue:

—Je vous avouerai que les exhibitions de corbeilles et de trousseaux m'amusent comme une pensionnaire.

—Pourquoi cela?

—Je suis très content de savoir comment sont confectionnés les chemises et les pantalons de mes danseuses. Ainsi, il y a des trousseaux qui me déplaisent souverainement; et quand je vois celles auxquelles ils appartiennent, je me dis: Toi, tu as des pantalons avec des plissés bêtes... toi, des chemises à lourde broderie...

—Voulez-vous bien vous taire![354].

Le choix d'un trousseau Pierre Giffard, avant d'être l'homme du «bienfait social», en avait tracé un joli croquis dans ses Grands Bazars:

«La mère et la fille parisiennes, ou rompues au mouvement de Paris, achètent le trousseau après réflexion, après examen, après une rêverie interminable et charmante sur les chemises, sur les bas brodés, sur les pantalons, sur le linge qu'on tient entre ses doigts, rêverie qui est le propre de la femme et que notre sexe est incapable de comprendre ou d'analyser. Mais enfin, il n'y a pas d'excès dans leur manière d'agir.

«La mère provinciale, au contraire, accompagnée de sa fille qui l'est également, et de son futur gendre, qui l'est encore davantage, proteste, s'exclame, s'enfle, fait de gros yeux et parle toujours d'argent.