D'où il faut conclure, puisque l'on vit à la fois la chemise et le caleçon, que celui-ci était ouvert et laissait indiscrètement s'échapper le pan de chemise cher à Zola et familier à tant d'autres, car, il n'est pas à supposer que la dame le portât sous la chemise.
La signora Léonora Galigaï était également restée fidèle à cette mode de son enfance. Après l'assassinat de son mari, le maréchal d'Ancre, (24 avril 1617), et avant qu'elle ne fût conduite à la Bastille, le sieur du Hallier, capitaine des gardes, fut chargé de perquisitionner dans son hôtel et de saisir ses bijoux.
L'exécuteur des basses œuvres du jeune Louis XIII et du favori Albert de Luynes poussa loin ses investigations sur la personne de la veuve. De nos jours, à défaut des rayons X, on eût au moins eu recours au ministère d'une matrone:
«Et enquise si elle n'avoit point de bijoux sur elle, elle haussa sa cotte et monstra jusque près des tétins. Elle avoit un calson de frise rouge de Florence; on lui dit en riant qu'il falloit donc mettre les mains au calson. Elle respondit qu'en autre temps elle ne l'eusse pas souffert, mais lors tout estoit permis; et Du Hallier tasta un peu sur le calson»[60].
En Loir-et-Cher, d'autre part, les Archives départementales mentionnent dans l'inventaire des biens et hardes laissés par Léonor Pégorier, femme de Louis du Buisson, seigneur de Clénor, décédée le 14 mai 1615, «une paire de canesons de fustine à usage de femme estimez quatre sols»[61].
La châtelaine n'en portait sans doute que l'hiver, et par les grands froids, seul moment, auquel, suivant cette prédiction d'Astrophile le Roupieux, on en faisait encore usage:
«Nos fringantes Damoiselles reprendront leurs calessons de laine»[62].
Toujours la populaire et royale futaine de Marie Stuart; elle peut paraître luxueuse, il est vrai, à côté du parchemin, dont, trente ans plus tard, Babonnette, devait fabriquer ses culottes.