(Le Frou-Frou, 1901.)

Demain n'est à personne!

De Gerbault, il y a bien une «beuglante» d'une si jolie venue, avec ses seins saillis du corset fatigué, le réalisme de son pantalon et ses bras qu'elle étire, qu'il semble difficile de ne la pas mentionner—mieux vaudrait pouvoir la reproduire. Mais, c'est moins une caricature qu'un croquis pris sur le vif: coin de garni entrevu en feuilletant la Traite des Chanteuses d'Ibels, la ville de garnison et son pesant ennui, le tréteau du limonadier devenu négrier, le tenancier sinistre et cynique dont le dos verdit et dont les bras tournent aux nageoires, Philibert à la manque et Tellier non patenté.

On ne saurait se figurer, par contre, le nombre de retroussés auxquels, depuis Rowlandson, pour ne pas remonter plus haut, le vent a prêté. Pas plus que celles de Carle Vernet et d'Isabey, les héroïnes de Rowlandson ne portant pas de pantalons, passons au déluge, c'est-à-dire à l'année 1844, du règne de Louis-Philippe, la quatorzième.

Nous avons déjà signalé ce dessin consacré par Richard, aux Bains de mer belges (Illustration, 28 septembre 1844): il suffit donc de le rappeler pour mémoire. C'est le point de départ d'une série qui, depuis, s'est démesurément allongée, en même temps que se raccourcissaient les pantalons. Du temps de Richard, ils tombaient jusqu'à la cheville, atteignent-ils maintenant le genou?

Richepin et Trézenik ont célébré l'amateur de mollets. Nos humoristes sont tous plus ou moins de ces amateurs-là, et, scrutons nos consciences, n'en sommes-nous pas un peu tous également?

La femme vraiment femme, que tente l'aventure et que l'idée n'effraye point de laisser apercevoir, au-dessus de ses bas, un peu de sa chair nue, met-elle un pantalon les jours de vent.

A cette question, sans même attendre qu'elle leur soit posée, les humoristes répondent généralement par la négative. C'est pour eux un axiome qui ne se discute pas et qui fait foi.

Une femme prudente.

—Fait-il beau?