Sous la ferme direction de Mme Mireille, la Maison connut un accroissement de vogue et M. Adolphe se félicita d’avoir si judicieusement choisi la compagne de sa vie, l’associée qui l’aiderait à grossir le patrimoine familial.

A toute occasion, à tout anniversaire, on vit les preuves de sa prospérité et de sa satisfaction sur Mme Mireille dont les doigts, les oreilles, les bras et le corsage se chargeaient de bijoux cossus.

III

Il eût été injuste, il eût été cruel qu’une semblable union demeurât stérile. Dieu la bénit. Une fille naquit.

Elle causa, quelques heures durant, une déception à ses parents.

Cet anneau femelle dans la chaîne des Rabier qui, depuis tant d’années, ne comportait que des mâles, perturbait les conceptions de Mme Mireille et de M. Adolphe qui se demandaient selon quel rythme se transmettrait désormais la Maison…

Mais nul ne saurait reprocher longtemps de n’avoir pas tout à fait la forme de son rêve à l’enfant né de lui et qui commence de s’agiter dans un berceau.

Penché sur le visage fripé, aux paupières encore closes, qui faisait tant d’efforts pour appeler la vie, M. Adolphe éprouva soudain une telle émotion que ses yeux se mouillèrent…

— Ce petit bout… ce petit bout ! disait-il. Quand on pense que c’est nous deux !… Nous deux réunis… fondus…