— Qu’est-ce que c’est ? répéta la voix. Qui est là ?

Reculant d’un pas, puis faisant une flexion sur les jarrets, puis donnant de l’épaule dans la porte qui céda sous la violence du choc, M. Adolphe fut projeté plutôt qu’il n’entra dans la chambre.

— C’est moi ! dit-il.

Mme Bambou avait bondi dans l’escalier. Quatre détonations qu’elle entendit coup sur coup précipitèrent son élan.

Sa tunique de gaze s’étant accrochée à un barreau, elle se crut poursuivie, poussa un cri de bête traquée, arracha de son corps l’étoffe légère, sauta les marches qui la séparaient encore du salon où elle arriva nue, hurlante, les yeux fous, les cheveux en désordre.

Fidèle à la consigne qu’il avait reçue, croyant que la tumultueuse entrée de cette négresse frénétique, vêtue de bas vert-pomme, faisait partie de la blague annoncée, l’accordeur continuait de jouer

Nous cueillerons des lilas et des roses.

Mme Lucie rentrait de la ville. Mme Bambou tomba dans ses bras.

— M. Adolphe vient de tirer sur Mme Mireille et sur l’Angliche, là-haut, dans ma chambre.

Puis elle s’évanouit.