XVII

Pour arriver à parler le langage de Rarahu, -- et à comprendre ses pensées, -- même les plus drôles ou le plus profondes, -- j'avais résolu d'apprendre la langue maorie.

Dans ce but, j'avais fait un jour à Papeete l'acquisition du dictionnaire des frères Picpus, -- vieux petit livre qui n'eut jamais qu'une édition, et dont les rares exemplaires sont presque introuvables aujourd'hui.

Ce fut ce livre qui le premier m'ouvrit sur la Polynésie d'étranges perspectives, - tout un champ inexploré de rêveries et d'études.

XVIII

Au premier abord je fus frappé de la grande quantité des mots mystiques de la vieille religion maorie, -- et puis de ces mots tristes, effrayants, intraduisibles, -- qui expriment là-bas les terreurs vagues de la nuit, -- les bruits mystérieux de la nature, les rêves à peine saisissables de l'imagination...

Il y avait d'abord Taaroa, le dieu supérieur des religions polynésiennes.

Les déesses: Ruahine tahua, déesse des arts et de la prière.

Ruahine auna, déesse de la sollicitude.

Ruahine faaipu, déesse de la franchise.