J'avais été mandé par Ariitéa pour lui faire société pendant ce lunch officiel, -- et la pauvre petite Rarahu, qui n'était venue que pour moi, m'attendit longtemps sur le pont, pleurant en silence de se voir ainsi abandonnée. Punition bien sévère que je lui avais infligée là, pour un caprice d'enfant qui durait depuis la veille et lui avait déjà fait verser des larmes.
XXVI
La traversée durait depuis deux heures, nous approchions de l'île de Morea.
On faisait grand bruit au carré du Rendeer; une dizaine de jeune femmes, choisies parmi les plus connues et les plus jolies, avaient été conviées à une collation que leur offraient les officiers.
Rarahu en mon absence avait accepté d'y prendre part. -- Elle était là, en compagnie de Téourahi et de quelques autres de ses amies; elle avait essuyé ses pleurs et riait aux éclats.
Elle ne parlait point français, comme la plupart des autres; -- mais, par signes et par monosyllabes, elle entretenait une conversation très animée avec ses voisins qui la trouvaient charmante.
Enfin, -- ce qui était le comble de la perfidie et de l'horreur, -- au dessert, elle avait avec mille grâces offert son tiaré à Plumkett.
Elle était assez intelligente, il est vrai, pour savoir qu'elle tombait bien, et que Plumkett ne voudrait pas comprendre.
XXVII
Comment peindre ce site enchanteur, la baie d'Afareahitu!