Mélancolie des fins de fête, qui peu à peu nous enveloppe, en même temps que l'obscurité revenue… Brusque évanouissement, dans le passé, d'une chose—futile, c'est vrai,—mais qui nous avait surmenés pendant quelques jours et distraits des préoccupations de la vie: il y a de cela d'abord…
Mais il y a aussi un autre sentiment, que nous éprouvons tous deux à cette heure, et dont nous nous faisons part l'un à l'autre, presque sans paroles, tandis que les dalles de marbre rendent leur petit son clair, sous nos talons, dans ce silence de minute en minute plus solennel. Il nous semble que cette soirée vient de consacrer d'une manière irrémédiable l'effondrement de Pékin, autant dire l'effondrement d'un monde. Quoi qu'il advienne, l'étonnante cour asiatique reparaîtrait-elle même ici, ce qui est bien improbable, Pékin est fini, son prestige tombé, son mystère percé à jour.
Cette «Ville impériale», pourtant, c'était un des derniers refuges de l'inconnu et du merveilleux sur terre, un des derniers boulevards des très vieilles humanités, incompréhensibles pour nous et presque un peu fabuleuses.
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