Depuis Chrysanthème (l'aînée et la première cause de cette déchéance), ma belle-mère, nature expansive bien que distinguée, est retombée sept fois encore dans la même erreur: deux petites belles-sœurs cadettes, mademoiselle La Neige* et mademoiselle La Lune**; cinq petits beaux-frères puînés, Cerisier, Pigeon, Liseron, Or et Bambou.

*En japonais: Oyouki-San (comme la fille de madame Prune).

**En japonais: Tsouki-San.

Quatre ans, ce petit Bambou; un bébé jaune, tout rond avec de beaux yeux brillants; câlin et joyeux, endormi tout de suite dès qu'il a fini de rire. De toute ma famille nipponne, c'est ce Bambou que j'aime le plus....


[XXXVI]

Mardi 27 août.

Nous avons passé la journée à errer dans des quartiers poussiéreux et sombres, cherchant des choses antiques chez des bric-à-brac, Yves, Chrysanthème, Oyouki et moi, traînés par quatre djins accélérés.

Vers le coucher du soleil, Chrysanthème, qui m'en nuie davantage depuis ce matin et qui s'en est sans doute aperçue, fait une moue très longue, se dit malade et demande la permission d'aller, pour ce soir, coucher chez madame Renoncule, sa mère.

J'accorde cela de tout mon cœur; qu'elle s'en aille, cette mousmé! Oyouki préviendra ses parents, qui fermeront notre chambre; nous passerons la soirée à courir à notre fantaisie, Yves et moi, sans traîner aucune mousmé à nos trousses, et, après, nous rentrerons nous coucher chez nous, sur la Triomphante, sans avoir la peine de grimper là-haut.