...Un jour, je reçus une lettre qui m'appelait au secours.
Elle était très simple, et ressemblait beaucoup à celle d'un enfant:
«Mon bon frère,
»Je ne sais comment vous dire, mais c'est vrai, je me suis mis à boire. Aussi je ne voulais pas demeurer dans Brest, vous le savez bien, car j'avais peur de cette chose.
»J'ai déjà été puni trois fois de fers à la Réserve, et maintenant je ne sais plus comment me débarrasser du bâtiment, car je vois bien qu'en restant à bord il m'arrivera quelque malheur.
»Mais il me semble que, si je pouvais embarquer encore près de vous, ce serait tout à fait ce qu'il me faudrait. Mon bon frère, puisque vous êtes bientôt pour repartir, si vous pouviez venir à Brest pour me prendre, je serais bien mieux qu'ici, et, pour sûr, cela me sauverait.
»Vous m'avez fait bien mal en me disant sur votre lettre que je n'aimais pas ma femme ni mon fils; car, pour elle et mon petit Pierre, je ferais tout.
»Oui, mon bon frère, j'ai pleuré et je pleure encore dans le moment que je vous écris, et je ne vois plus, avec les larmes qui me sont dans les yeux.
»Je n'espère que vous voir venir. Je vous embrasse de tout mon cœur, en vous priant de ne pas oublier votre frère, malgré tous les chagrins qu'il vous donne.
»Bien à vous,