Corentin Keremenen.»

La nuit venue et nous couchés, impossible de dormir. J'entendis Yves dans son lit qui se tourne, se vire, comme il dit avec son accent breton. À l'idée qu'il ira demain à Toulven voir ce petit nouveau-né, son bon et brave cœur déborde de toute sorte de sentiments dans lesquels il ne se reconnaît plus.

...Deux jours après lui, je dois, moi aussi, me rendre à Toulven pour le baptême.

Et il fait mille projets pour cette cérémonie:

«Je n'ose pas vous dire, mais, si vous vouliez, à Toulven, manger chez nous? Dame, vous savez, chez mon beau-père, ça n'est pas comme à la ville, bien sûr.»


[XLIII]

Brest, 15 juin 1878.

Dès le matin, je pars pour Toulven, où Yves m'attend depuis hier.

Temps splendide. La vieille Bretagne est verte et fleurie. Tout le long du chemin, de grands bois, des rochers.