Ayant essuyé leurs larmes, arrangé leurs cheveux, épousseté le salpêtre et la poussière des dalles sur leur jupon à l’endroit des genoux, elles s’en allèrent sans plus rien se dire, par des chemins différents.

Chapitre VIII

Cette fin de septembre ressemblait à un autre été un peu mélancolique seulement. Il faisait vraiment si beau cette année là que, sans les feuilles mortes qui tombaient en pluie triste par les chemins, on eût dit le gai mois de juin. Les maris, les fiancés, les amants étaient revenus, et partout c’était la joie d’un second printemps d’amour...

Un jour enfin, l’une des deux navires retardataires d’Islande fut signalé au large. Lequel?...

Vite, les groupes de femmes s’étaient formés, muets, anxieux, sur la falaise.

Gaud tremblante et pâlie, était là, à côté du père de son Yann:

— Je crois fort, disait le vieux pêcheur, je crois fort que c’est eux!

Un liston rouge, un hunier à rouleau, ça leur ressemble joliment toujours; qu’en dis-tu, Gaud, ma fille?

— Et pourtant non, reprit-il avec un découragement soudain; non, nous nous trompons encore, le bout-dehors n’est pas pareil et ils ont un foc, c’est la Marie-Jeanne. Oh! mais bien sûr, ma fille, ils ne tarderont pas.

Et chaque jour venait après chaque jour; et chaque nuit arrivait à son heure, avec une tranquillité inexorable.