[Note 706: ][ (retour) ] En 1304.
[Note 707: ][ (retour) ] Ils étaient deux frères, Alboino et Cane. Ce ne put être que l'an 1308 au plus tôt, que Dante fut accueilli par eux à Vérone, puisque ce fut cette année-là même que les deux frères commencèrent à gouverner ensemble. Pelli, Memorie per la vita di Dante, § XII.
[Note 708: ][ (retour) ] Ce fait est rapporté par Pétrarque, Rerum memorabilium lib. IV.
Cet ouvrage l'occupait alors tout entier; il changeait souvent de séjour, et si plusieurs villes ne peuvent se disputer sa naissance, comme autrefois celle d'Homère, plusieurs au moins se disputent la gloire d'avoir en quelque sorte donné le jour au poëme qui, pendant long-temps, a le plus honoré l'Italie. Florence prétend qu'il en avait fait les sept premiers chants dans ses murs, avant son exil. Vérone réclame la composition de la plus grande partie du poëme. Gubbio prouve, par une inscription, qu'il y travailla chez son ami Boson; et, par une autre, qu'il en fit aussi plusieurs chants dans un monastère des environs [709], où l'on fait voir encore aux étrangers l'appartement du Dante. D'autres donnent pour patrie à son poëme la ville d'Udine, ou un château de Tolmino, dans le Frioul; d'autres, enfin, la ville de Ravenne.
[Note 709: ][ (retour) ] Celui de Santa-Croce di fonte Avellana.
Au milieu de tous ces déplacements, qui prouvent une inquiétude d'esprit, bien naturelle dans la position où était le Dante, mais qui prouvent aussi l'empressement que mettaient à l'attirer chez eux les amis que lui avaient fait ses talents et sa renommée, il vit briller un nouveau rayon d'espérance. L'empereur Albert d'Autriche étant mort assassiné, Philippe-le-Bel voulut faire passer la couronne impériale sur la tête de son frère Charles de Valois, à qui Boniface VIII l'avait promise: mais Clément V, quoiqu'il fût la créature de Philippe, et pour ainsi dire, sous sa main [710], effrayé de cet accroissement de la maison de France, et conseillé par le cardinal de Prato, amusa le roi par des promesses, et dirigea secrètement le choix des électeurs sur Henri de Luxembourg. Henri, en traversant l'Italie pour aller se faire couronner à Rome, releva, dans toutes les villes de Lombardie, le courage des Gibelins. Dante se crut encore une fois prêt de rentrer dans sa patrie. Il quitta dès-lors avec les Florentins le ton suppliant qu'il avait pris depuis son exil. Il avait écrit plusieurs fois, et à des membres du gouvernement, et au peuple lui-même, pour solliciter son rappel. Dans une de ses lettres, il empruntait ces mots du Prophète [711]: O mon peuple! que t'ai-je fait? Mais alors il changea de langage, et ne fit plus entendre que des reproches et des menaces. Il écrivit aux rois, aux princes d'Italie, au sénat de Rome, pour les inviter à bien recevoir Henri. Il écrivit à l'empereur lui-même, pour l'animer contre Florence [712], et se rendit personnellement auprès de lui.
[Note 710: ][ (retour) ] Il était à Avignon. Nous reviendrons sur ce pape, sur son élection et sur la translation du Saint-Siége.
[Note 711: ][ (retour) ] Michée, c. 6, v. 3. Popu'e meus quid feci tibi? etc.
[Note 712: ][ (retour) ] En 1311.
Le peu de succès qu'eut ce prince en Italie, et la mort qu'il y trouva bientôt après [713], ôtèrent à notre poëte tout espoir de retour. On croit que ce fut alors qu'il vint à Paris; il fréquenta l'université, et y soutint publiquement une thèse, vivement disputée, sur différentes questions de Théologie; ce qui est d'autant plus à remarquer, que Paris était alors pour cette science, le théâtre le plus brillant de l'Europe. De retour en Italie, il fut quelque temps sans se fixer: il séjourna successivement dans les terres de plusieurs seigneurs. Vérone était comme le point central où il revenait le plus souvent. Il y soutint au commencement de l'an 1320, dans l'église de Sainte-Hélène, devant une assemblée nombreuse, une thèse célèbre sur deux éléments, la terre et l'eau [714]. La même année, il se rendit à Ravenne, chez Guido Novello da Polenta, seigneur qui protégeait les lettres et les cultivait lui-même. Là, il goûta enfin quelque repos. Devenu l'ami plutôt que le protégé d'un prince éclairé et vertueux, il eut bientôt dans Ravenne une existence honorable, des admirateurs, des disciples et des amis.