[Note 3: ][(retour) ] Ser Jacopo di Carlo, prete fiorentino. Ce nom et cette qualité sont inscrits à la fin de son poëme; on n'en sait pas davantage. Le titre du poëme est: Il Trojano dove si tratta tutte le battaglie che fecero li Greci con li Trojani, Vinegia, 1491, in-4º.; ibidem; 1509, in-4º., con figure; et après plusieurs autres éditions, ibidem, 1569, in-8º., sous le titre de Trojano, il qual tratta la destruction de Troja, fatta per li Greci, e come per tal destruction fu edificata Roma, Padova e Verona, etc.

[Note 4: ][(retour) ] In versi italiani non malamente questo soggetto fa trattato nel seguente romanzo; il Trojano, etc., t. VI, p. 475.

[Note 5: ][(retour) ] Chap. IV de cette seconde partie.

Ce fut encore aux formes du poëme romanesque que le laborieux Louis Dolce[6] eut le courage, ou si l'on veut la patience de réduire le même sujet, qu'il tira de l'Iliade et de l'Énéide tout entières, sous le titre de l'Achille e l'Enea[7]. Il divisa cette immense matière en cinquante-cinq chants, qui ont tous pour exorde quelques maximes philosophiques renfermées le plus souvent dans une octave, et finissant tous par ces renvois au chant suivant, qui ne donne pas toujours le désir de voir le chant suivant commencer. Son style est sans doute beaucoup meilleur; sa manière est sage, sa narration claire et facile, mais cinquante-cinq chants sont bien longs[8].

[Note 6: ][(retour) ] Voyez ci-dessus, t. IV, p. 534 et suiv.

[Note 7: ][(retour) ] L'Achille e l'Enea di messer Lod. Dolce, dove egli tessendo l'historia della Iliade d'Homero a quella dell'Eneide di Virgelio, ambedue l'ha divinamente ridotte in ottava rima, Vinegia, 1572, in-4º.

[Note 8: ][(retour) ] Il n'y en a pas moins de vingt-quatre pour la seule Énéide, dans un roman épique beaucoup plus ancien, tiré du poëme de Virgile, mais dont l'action, à la vérité, se continue jusqu'après la mort de César, et même, si l'on en croit le titre (car je n'ai pu me procurer ce bel ouvrage), embrasse jusqu'au temps de l'auteur. Chacun des chants a pour exorde une invocation à la manière des romans. Ce n'est point, dit le Quadrio, t. VI, p. 476, une traduction de l'Énéide, mais l'Énéide transformée en roman. L'auteur est inconnu. Voici le titre du poëme: Incomincia il libro de lo famoso et excellente poeta Virgilio Mantovano, chiamato la Eneida volgare, nel quale si narrano li gran facti per lui descripti, et appresso la morte di Cesare imperadore, con la morte di tutti li gran principi, e signori di gran fama li quali a li dì nostri sono stati in Italia, come leggendo chiaramente patrai intendere. La date de l'édition placée à la fin est: Bologne, 23 décembre 1491, in-4º.

L'Ulisse[9], dans lequel le même auteur mit en vingt chants tout le sujet de l'Odyssée, porte moins de ces signes auxquels on reconnaît le roman épique. Aux débuts de chant, point de maximes, point d'exordes; le récit continue simplement comme dans les poëmes héroïques, et le premier chant même commence sans invocation, sans exposition. «Tous les Grecs étaient retournés dans leur patrie, et avaient revu leur terre natale, tous ceux du moins qui avaient échappé à la mort et que le fer des Troyens n'avait pas moissonnés[10].» Mais à la fin de tous les chants, l'auteur met encore le cachet du genre romanesque, en s'interrompant lui-même, en congédiant son auditoire, et le renvoyant à l'autre chant. «Télémaque s'est mis au lit; qu'il y reste: pour moi, je veux le laisser là pour ne pas ajouter d'autre papier à cette feuille[11]; le soleil vient de se coucher dans l'Océan, Homère faisant ici une pause, je suspendrai aussi mon chant[12].» Tantôt c'est: mais pour que la longueur de ce récit ne vous ennuie pas, je raconterai le reste une autre fois[13]; tantôt: c'est ce que je vous réserve pour l'autre chant, si vous voulez l'entendre[14], et tantôt: ce qui arrive ensuite à ce baron invincible (et notez bien que ce baron est Ulysse), est écrit dans l'autre chant, pour votre plaisir[15]; ainsi du reste. Ces formes peu homériques sont des disparates d'autant plus étranges, que dans tout le cours de sa narration, le ton de l'auteur est le plus sérieux du monde.

[Note 9: ][(retour) ] L'Ulisse di M. Lod. Dolce da lui tratto dall'Odissea d'Homero e ridotto in ottava rima, Vinegia, 1573, in-4º.

[Note 10: ][(retour) ] Erano tutti i Greci ritornati A le lor patrie, a le natie contrade, etc. (C. I, st. 1.)