Elle se regarda quelque temps, ainsi nue entre ses bijoux; puis tirant du coffre où elle l'avait pliée une vaste étoffe transparente de lin jaune, elle la fit tourner tout autour d'elle et jusqu'à terre s'en drapa. Des plis diagonaux sillonnaient le peu qu'on voyait de son corps à travers le tissu léger; un de ses coudes saillait sous la tunique serrée, et l'autre bras, qu'elle avait laissé nu, portait relevée la longue queue, afin d'éviter qu'elle traînât dans la poussière.
Elle prit à la main son éventail de plumes, et sortit nonchalamment.
Debout sur les marches du seuil, la main appuyée au mur blanc, Djala seule laissa la courtisane s'éloigner.
Elle marchait lentement, le long des maisons, dans la rue déserte où tombait le clair de lune. Une petite ombre mobile palpitait derrière ses pas.
II
SUR LA JETÉE D'ALEXANDRIE
Sur la jetée d'Alexandrie, une chanteuse debout chantait. À ses côtés, étaient deux joueuses de flûte, assises sur le parapet blanc.
1
Les satyres ont poursuivi dans les bois
Les pieds légers des oréades.
Ils ont chassé les nymphes sur les montagnes,