Ce soir-là, Chrysis arriva la première.
Elle était vêtue d'une robe verte brochée d'énormes branches de roses qui venaient s'épanouir sur ses seins.
Arêtias lui ouvrit la porte sans qu'elle eût besoin de frapper, et suivant la coutume grecque, elle la conduisit dans une petite pièce à l'écart, lui défit ses chaussures rouges et lava doucement ses pieds nus. Puis, en soulevant la robe ou l'écartant, selon l'endroit, elle la parfuma partout où il était nécessaire; car on épargnait aux convives toutes les peines, même celle de faire leur toilette avant de se rendre à dîner. Ensuite, elle lui présenta un peigne et des épingles pour corriger sa coiffure, ainsi que des fards gras et secs pour ses lèvres et ses joues.
Quand Chrysis fut enfin prête:
«Quelles sont les ombres?» dit-elle à l'esclave.
On appelait ainsi tous les convives, sauf un seul qui était l'Invité. Celui-ci, en l'honneur de qui le repas était donné, amenait avec lui qui lui plaisait et les «ombres» n'avaient d'autre soin à prendre que d'apporter leur coussin de lit, et d'être bien élevées.
À la question de Chrysis, Arêtias répondit:
«Naucratès a prié Philodème avec sa maîtresse Faustine qu'il a ramené d'Italie. Il a prié aussi Phrasilas et Timon, et ton amie Séso de Cnide.»
Au moment même Séso entrait.
«Chrysis!