—Vite! Mirabelle, habillons-nous! Ma robe! Mes bas! Où sont mes bas?

Le page l'arrêta du geste.

—Ah! mais non! vous êtes signalées: on connaît vos deux costumes; il faut en changer, c'est élémentaire.

—C'est que nous n'en avons pas d'autre!

—Pardon! j'en ai apporté un. Dans le pays où nous vivons, une robe suffit pour deux personnes.

Il pénétra vivement dans le cabinet de toilette, en sortit avec les vêtements de la laitière, et sans plus de façons, passa la longue jupe autour de Line ahurie.

—Nous sommes pressés, dit-il. C'est moi qui vous habille.

La jupe traînait sur le plancher; il releva la ceinture jusqu'au-dessus des seins et croisa les cordons à la taille. Tout ceci fut bientôt caché par le petit châle rose espagnol qu'il serra d'un nœud brusque au milieu du dos.

Le chapeau de paille à larges bords compléta le déguisement.