—Silence! cria Taxis. Mes paroles sont inspirées d'abord par des considérations d'hygiène, de police et de décence; mais ne le fussent-elles point qu'elles seraient encore selon la sagesse, car il est écrit: «Tu vivras par les lois et par les ordonnances[2].» Ce qui est élu par la fantaisie est exécrable; ce qui est conçu par l'autorité est judicieux. Ainsi doit s'exprimer une voix saine, stricte et droite.

[ [2] Lévitique, XVIII, 5.

—Pardon, monsieur, dit une jeune fille, pourquoi ne pas nous laisser choisir? Moi, j'aime mieux dormir sur une natte et ma sœur sur un tapis. Si vous nous ordonnez le contraire, cela ne fera plaisir à personne et nous en serons désolées.

—Il n'importe. Vous ne savez pas quel est votre bien. L'autorité le sait pour vous et vous le donne à votre insu, malgré vous, c'est là son rôle.

—Quand personne ne la réclame?

—L'autorité s'exerce. Elle ne défère point. Elle seule discute son droit, limite son domaine et décide son action.

—Au nom de qui?

—Au nom des principes.

Puis, coupant court à la dispute, il se dirigea rapidement vers le hamac où restaient couchées les deux amies languissantes:

—Je vois, dit-il, par cet exemple, qu'il est urgent de légiférer, puisque mes conseils ne servent de rien. Ne vous avais-je pas signalé tout ce qu'une telle attitude offre d'incorrect et de pernicieux? Vous ne tenez nul compte de mes opinions. C'est bien. J'établirai la règle jusque-là.