—Alors qu'arriverait-il?
—Nous verrons cela. Aujourd'hui, c'est à vous de penser pour moi. Je suis impatient de vous entendre.
—Puis-je parler? demanda la Reine Françoise.
—Je le demande, répéta Pausole.
—Eh bien, dans un enlèvement, le premier jour est celui des imprudences, et le second celui des malices. La Princesse est à deux pas d'ici; je le sais comme si je la voyais. Le jeune imbécile qui l'accompagne se croit caché par un buisson ou par les rideaux de son lit. Il l'a conduite au plus près, c'est évident, cela ne laisse pas un doute. Demain il s'apercevra qu'il a fait une bêtise. Et après-demain il aura pris tant de précautions que toute la police du royaume ne pourra plus trouver sa trace. C'est aujourd'hui qu'il faut agir, et tout de suite, sans perdre une heure. Est-ce que vous ne le sentez pas?
—Bien, remercia le Roi. Voici une première banalité. Je suis ravi qu'elle soit dite: je n'aurai plus à m'occuper d'elle. D'ailleurs, le conseil ne me plaît en aucune façon; mais vous avez, Françoise, la peau si nuancée autour de la ceinture et si fine entre les seins que je veux vous donner raison au moins pendant cinq minutes.
—Vous vous moquez de moi.
—Vous êtes seule à le penser.
—Sire, fit la Reine Diane, je voudrais parler aussi.
Diane, qu'on nommait au harem Diane à la Houppe, afin de la désigner par ses attributs entre plusieurs belles homonymes, Diane à la Houppe tremblait un peu. C'était elle qui devait, ce soir-là, enviée par trois cent soixante-cinq rivales, partager le lit du Roi. On disait, on savait, il était clair, enfin, que l'année d'espoirs et de souvenirs dont elle voyait le terme si proche avait duré plus de jours que sa résignation. Elle était donc émue, et balbutia non sans rougeur: