—Il s'est passé des événements.
Le Roi s'était levé:
—Qu'y a-t-il?
—Sire... la blanche Aline... Ah! Sire... la Princesse votre fille...
—Eh bien?
—Ah!...
Et la vieillarde s'affaissa dans un évanouissement lamentable.
Au même instant arrivait, plus calme et portant un petit billet, une seconde dame d'honneur qui plia son ombrelle jaune avant de s'exprimer en ces termes choisis:
—J'ai le regret d'annoncer à Votre Majesté que Son Altesse Royale la Princesse Aline a quitté le palais dans des circonstances mystérieuses qui toutefois ne laissent place à aucune inquiétude sur sa très précieuse santé. La dame d'honneur chargée d'éveiller Son Altesse et de lui expliquer ses rêves s'est présentée respectueusement derrière la porte de Son Altesse et a frappé durant quatre heures sans obtenir aucune réponse. Justement inquiète d'un silence qu'elle ne s'expliquait point, elle a pris sur elle d'entrer, malgré la hardiesse de la démarche: Son Altesse n'était plus dans ses appartements. La Princesse Aline avait quitté sa chambre sans prévenir personne de son projet et sans emporter de bagage, à part sa petite boîte à poudre, son étui de rouge, son porte-monnaie et un objet de la toilette féminine dont la désignation n'intéresse pas, sans doute, Votre Majesté. Nul ne sait l'heure de son départ ni le chemin qui lui a plu. On pense seulement qu'elle a dû sortir par la fenêtre. Au cours des recherches faites par nos soins, nous avons découvert sur la table à coiffer un billet avec ces mots: «Pour Papa». Je le remets en les mains de Votre Majesté.
Pausole ne voulait pas comprendre. En vain la dame d'honneur avait-elle construit son récit au plein midi de la clarté, Pausole demeurait aveugle.