Puis chacune se disant vaincue, a pris son amie par les oreilles comme une coupe par les deux anses, et, la tête penchée, a bu le baiser.
17 — LES PETITS ENFANTS
La rivière est presque à sec; les joncs flétris meurent dans la fange; l'air brûle, et loin des berges creuses, un ruisseau clair coule sur les graviers.
C'est là que du matin au soir les petits enfants nus viennent jouer. Ils se baignent, pas plus haut que leurs mollets, tant la rivière est basse.
Mais ils marchent dans le courant, et glissent quelquefois sur les roches, et les petits garçons jettent de l'eau sur les petites filles qui rient.
Et quand une troupe de marchands qui passe, mène boire au fleuve les énormes bœufs blancs, ils croisent leurs mains derrière eux et regardent les grandes bêtes.
18 — LES CONTES
Je suis aimée des petits enfants; dès qu'ils me voient, ils courent à moi, et s'accrochent à ma tunique et prennent mes jambes dans leurs petits bras.
S'ils ont cueilli des fleurs, ils me les donnent toutes; s'ils ont pris un scarabée ils le mettent dans ma main; s'ils n'ont rien ils me caressent et me font asseoir devant eux.
Alors ils m'embrassent sur la joue, ils posent leurs têtes sur mes seins; ils me supplient avec les yeux. Je sais bien ce que cela veut dire.