Non, c'est pour l'Aphroditê que j'adore dans ma poitrine, car elle seule me donnera ce qui manque à mes lèvres, si je suspends à l'arbre-sacré ma guirlande de tendres roses.

Mais je ne dirai pas tout haut ce que je la supplie de m'accorder. Je me hausserai sur la pointe des pieds et par la fente de l'écorce je lui confierai mon secret.

26 — L'AMIE COMPLAISANTE

L'orage a duré toute la nuit. Sélénis aux beaux cheveux était venue filer avec moi. Elle est restée de peur de la boue. Nous avons entendu les prières et serrées l'une contre l'autre nous avons empli mon petit lit.

Quand les filles couchent à deux, le sommeil reste à la porte. « Bilitis, dis-moi, dis-moi, qui tu aimes. » Elle faisait glisser sa jambe sur la mienne pour me caresser doucement.

Et elle a dit, devant ma bouche: « Je sais, Bilitis, qui tu aimes. Ferme les yeux, je suis Lykas. » Je répondis en la touchant: « Ne vois-je pas bien que tu es fille? Tu plaisantes mal à propos. »

Mais elle reprit: « En vérité, je suis Lykas, si tu fermes les paupières. Voilà ses bras, voilà ses mains... » Et tendrement, dans le silence, elle enchanta ma rêverie d'une illusion singulière.

27 — PRIÈRE À PERSÉPHONÊ

Purifiées par les ablutions rituelles, et vêtues de tuniques violettes, nous avons baissé vers la terre nos mains chargées de branches d'olivier.

« Ô Perséphonê souterraine, ou quel que soit le nom que tu désires, si ce nom t'agrée , écoute-nous, ô Chevelue-de-ténèbres, Reine stérile et sans sourire!