—Ma bataille de dieu contre cet être humain.

V

Je restai un mois entier occupé dans Athènes à des affaires personnelles, qui ne me permettaient pas de retourner chez Parrhasios.

Athènes était vraiment en deuil depuis la chute des Olynthiens. Le marché de Khalkis, la vente d'un peuple allié,—ce scandale et cet affront aux portes mêmes de l'Attique,—était le sujet de tous les discours, le songe de tous les silences.

Contre Philippe, on ne pouvait rien. Kratès ne voulait pas la guerre, et Démosthéne lui-même ne la demandait plus. Mais Eschine, en revenant du Péloponèse, avait rencontré sur sa route des troupeaux d'Olynthiens conduits comme des bêtes, et il lui avait suffi de raconter ce passage d'esclaves, pour soulever à sa voix l'indignation du peuple contre les cités coupables.

Un jour, ce fut pis encore: on apprit que dans la ville même, un citoyen traitait en femme captive une malheureuse Olynthienne. L'homme fut arrêté, jugé, condamné à mort sur-le-champ.

Alarmé, je vis Parrhasios menacé d'un sort semblable et laissant là toute affaire, je descendis jusqu'à son palais, afin de l'avertir s'il en était temps.

Portes et rideaux étaient fermés lorsque je parvins à son mur. L'esclave ne voulait pas me laisser franchir le seuil. Il me fallut insister, montrer mon angoisse, affirmer qu'il y allait de la vie de son maître. Je passai enfin, et suivant en courant la grande galerie vide, je soulevai la portière.