ARCAS
Mon amour... Le soir monte, et la lumière s'en va, comme un être ailé, vers le ciel... La terre est déjà noire. On ne voit plus au loin que la longue voie lactée du ruisseau qui scintille comme un fleuve d'étoiles autour de notre champ... Mais c'est trop de clarté...
MELITTA
Oui, c'est trop... conduis-moi.
ARCAS
Viens... Le bois où nous nous glissons entre les branches caressantes est si profond que, même le jour, les divinités en ont peur. On ne voit jamais dans les sentiers les doubles sabots des satyres suivre les pieds légers des nymphes. On n'y voit pas entre les feuilles les yeux verts des hamadryades fixer les yeux craintifs des hommes. Mais nous n'aurons pas peur puisque nous sommes ensemble, tous les deux, toi, et moi...
MELITTA
Non. Je pleure malgré moi, mais je t'aime et je te suis. Un dieu est dans mon cœur! Parle-moi! Parle encore! Un dieu est dans ta voix.
ARCAS
Mets tes cheveux autour de mon cou, ton bras autour de ma ceinture et ta joue contre ma joue. Prends garde, voici des pierres. Baisse les yeux, voici des racines. La mousse glisse sous nos pieds nus, et la terre est fraîche... Mais ton sein est chaud sous ma main.