Paris, 12 avril.
«Je suis venue. En vérité, je ne sais pas ce que je fais ici, mais je suis venue... Mina le voulait pour mon honneur. Elle m'a dit qu'il était encore temps d'agir pour éviter un mal plus grave... Si du moins elle m'accompagnait, si je pouvais faire avec elle cette visite qui m'épouvante... Mais je suis seule ici dans cette ville, où mon nom, depuis six mois, est un nom infâme...»
III
13 avril.
«Où demeure M. de Balzac? Comment me renseigner? Je suis entrée ce matin chez son éditeur et j'ai posé la question. Un employé m'a dit: «Qui êtes vous?» et comme je n'osais pas me nommer, il m'a répondu grossièrement:
«—Ah? alors, une créancière? Eh bien! si on vous demande l'adresse de Balzac, vous direz que vous ne la savez pas.
«Je suis partie... A mon hôtel on ne connaît pas même le nom de ce monsieur. Il n'est pas si célèbre que Mina me l'avait dit.
«Et cependant ses romans sont chez tous les libraires. J'ai vu, ce soir, la Torpille au Palais-Royal et je me suis enfuie en me cachant. Il me semble toujours que les passants me dévisagent, qu'ils me reconnaissent dans les rues...»