—Mais oui! on l'appelle comme cela, je ne sais pas pourquoi, mais c'est la Venushœhle; il ne faut pas que vous redescendiez de la montagne sans avoir visité la Venushœhle.

Inquiet, et même presque jaloux, je voulus apprendre si beaucoup d'étrangers étaient venus la voir, cette grotte dont le nom seul m'avait secoué d'un frisson...

La jeune fille répondit tristement:

—Personne! Voyez-vous, la montagne n'est pas assez haute pour tenter les ascensionnistes, et elle l'est trop pour les promeneurs. Nous ne voyons jamais d'étrangers. A peine, de loin en loin, un chasseur d'Eisenach vient déjeuner ici, ou y passer la nuit; mais vous êtes le premier Français que j'aie vu depuis ma naissance...

—Où est le chemin de la grotte?

—Prenez le sentier à gauche. Vous y serez dans cinq minutes. Peut-être trouverez-vous à l'entrée un homme assis sur une pierre. Ne faites pas attention à ce qu'il vous dira: c'est un fou.


Comment, il y avait une grotte de Vénus dans les flancs du Hœrselberg! mais alors le pays de Tannhäuser avait tout conservé de sa terrible légende!

... La grotte de la Déesse était là, en effet. Et l'homme y était aussi.