L’hilarité de Joël reprit de plus belle.

— Oh ! non ! Oh ! non ! Je ne vois pas bien ça. « Maïna, tu es un trône ; Maïna, tu es une domination ! »

Ce bavardage aurait pu durer des heures, si Véronique, beaucoup plus pratique que son compagnon, n’y avait mis un terme en lui rappelant l’heure.

Il était temps, en effet, de courir aux emplettes.

— Et ta plante ? — demanda Joël en manière de conclusion.

— Ma plante ? — La voilà, s’écria triomphalement la jeune fille.

Elle avait pris dans un coin du bosquet le pied de véronique et le levait à bout de bras sous les yeux charmés de son cousin.

La plante, rajeunie par les soins, était superbe de santé et d’épanouissement.

Une grappe fleurie se balançait à l’extrémité de chacune de ses ramilles.

Et, de sa fenêtre, le docteur Le Budinio put reconnaître le pied que, quelques jours plus tôt, il avait si brutalement expulsé de sa chambre. Seulement, depuis cette époque, sous la tendre incubation de Maïna, elle s’était transformée.