« Dieu me pardonne ! Mais c’est une vieille connaissance, ce bateau ; c’est l’ancienne Confiance, sur laquelle Surcouf nous a recueillis ! »

En ce moment même, le bâtiment suspect arborait des signaux d’amitié.

Il n’y avait plus de doutes à conserver. C’était un ami, non un adversaire, qui venait ainsi à la rencontre des marins du Good Hope.

Telle fut l’allégresse des trois hommes que le marquis les saisit dans ses bras et les embrassa avec une sorte de folie.

« Et le pitchoun ? interrogea Ustaritz en montrant à Clavaillan un petit point noir prêt à disparaître dans le nord.

— J’y pense, répondit le jeune homme, fais descendre le second canot, Piarrille, et prends avec toi quatre hommes pour aller le chercher. »

L’ordre fut exécuté sur-le-champ. Quatre matelots espagnols embarquèrent avec le Basque. Un jeu rapide des avirons les emporta. Il n’était que temps. Will devait être à un mille en arrière.

Pendant ce temps, Evel répondait aux signaux de la Confiance.

« Ça, dit-il, c’est bien des Français. Mais les trois Anglais sont toujours en vue dans le nord-est. On pourrait les attendre.

— Sois tranquille, répondit Jacques. Si la Confiance est ici, c’est que le Revenant et la Sainte-Anne ne sont pas loin.