—Je vous assure! confirma madame Masseau.
Et elle lui conta comment, à deux reprises, on avait trouvé Castor sur la route, et ce qu’il en fallait évidemment induire. L’oncle Guittard jura du haut de sa voix.
—Imbécile! dit-il à son neveu. Est-ce que tu ne sais pas que Castor est un chien courant? Et est-ce qu’il y a dans ton jardin quelque chose, un kiosque, une plate-forme, où il puisse monter la nuit pour voir de loin?
—Non, dit Masseau.
—Eh bien, il montait sur le mur, voilà tout, en se servant de sa niche comme de marchepied. Et comme le mur est étroit, il retombait de l’autre côté. Tous les chiens courants font ça, c’est leur instinct. Et vous avez fichu la fille à la porte? Pauvre Zulma, pauvre Zulma!
Il n’en dit pas plus long: étant un homme d’action, il n’aimait pas s’appesantir sur l’irréparable. La bonne était loin, maintenant. Où la retrouver, dans ce grand Paris? Les Masseau respectèrent son silence, soucieux de la rancune qu’il pouvait leur garder, car l’oncle Guittard n’avait pas d’enfants.
L’oncle, d’ailleurs, hâta son départ. Masseau le conduisit à la station. A son retour, il aperçut Castor, qui, attaché dans sa niche, tirait sur sa chaîne. Ses yeux quêtaient une caresse. Masseau lui allongea un grand coup de pied...
Ce fut ainsi que Castor, à son tour, connut l’amertume de l’injustice.