—Je lui ai écrit, disait-il, je lui ai dit que je serais près d’elle. Mais elle m’a répondu qu’elle ne sent rien. Vous avez raison, ce sont des histoires, des histoires... Et pourtant j’aurais eu tant de plaisir!

Mais un lundi, quand il arriva au bureau, un nouveau projet avait réveillé son espoir.

—J’ai compris, dit-il. Je sais ce qui manquait. Je ne parvenais pas à fixer suffisamment mon attention, parce que je ne suivais pas assez la réalité. Je ne voyais pas la route jusqu’à Lille. Il faut que je voie la route, et que je la fasse.

—Comment ça? demanda Delsarte.

—C’est si facile! J’aurais dû y penser, fit-il. Je prends le train de quatre heures cinq.

—Vous avez la permission? fit Delsarte, étonné.

—Oh! non, répondit Doffoy, non. Je n’en ai pas besoin. Je vais voyager en idée. Il me manquait de voyager en idée pour fixer ma volonté.

Il déjeuna au bureau, comme il avait coutume, du contenu du panier qu’il avait apporté, et travailla ensuite très patiemment, l’esprit libre et dégagé. Mais, vers quatre heures moins le quart, il mit son pardessus et son chapeau.

—Tu pars donc, Doffoy?... demandai-je.

—Oui, fit-il avec un petit rire, je pars.