Et il dit pourquoi.

— Il avoua.

— J’ai été indiscret, Julie ! dit-il humblement.

Alors, madame Babelon, qui était de Wattinnes, comprit qu’en effet l’exil était inévitable. Elle vit « ses gamins » regarder sa taille en ricanant quand elle passerait dans la rue, et elle vit les dames de Wattinnes qui pinçaient les lèvres. Son désespoir lui inspira des paroles cruelles. Et le spectre de la haine conjugale, la plus terrible de toutes, des récriminations qui ne cesseront plus, s’éleva pour la première fois entre les époux.

M. Babelon rompit. Il s’alla cacher dans son bureau. Ses yeux s’égarèrent sur les rayons de sa bibliothèque, sur ses bouquins, ses chers bouquins, qui n’avaient pas changé de place depuis vingt-huit ans. Et, maintenant, il fallait bousculer tout cela, s’en aller sur les routes, vers des visages nouveaux, sans être sûr de retrouver sur celui de sa femme l’affectueux sourire pour lequel il avait tout sacrifié.

— Que le monde est méchant, murmura-t-il en tombant sur son vieux fauteuil ; qu’il est bête et qu’il est méchant !

Et il sanglota tout bas, longtemps, la tête dans ses mains.

FIN

TABLE

LE MONARQUE[1]
CEUX DU NORD :[217]
LE FÉLIBRE DU NORD[219]
LA JOURNÉE DE M. STUYVAERT[231]
L’ENTERREMENT DE MADAME STUYVAERT[243]
BERTY[255]
LE CRIME DE M. BABELON[267]