Comme le cri des flots qui heurtent les brisants,

J'entends déjà clamer les corps sous les entailles.

Un souffle meurtrier et pestilentiel

S'exhale de la mort et des chairs refroidies

Sans linceul, tandis qu'aux lueurs des incendies

De vastes lacs de sang pourrissent sous le ciel,

De vastes lacs de sang où, rigides et vertes,

Vont des flottes de morts convulsifs par milliers,

Où s'acharnent sans peur, repus et familiers,

Les vautours réjouis des cervelles ouvertes.