Défaillant dans l'horreur d'un ciel ensanglanté,

Le soleil infernal baigne le pâle espace;

Un troupeau d'ombres vient, revient, passe et repasse

En sa mélancolique et tremblante clarté;

Et ce sont à travers les routes d'asphodèle

Les fantômes hagards, pleins de larmes et lents

Dont les glaives d'amour ont déchiré les flancs:

La mort n'a point fermé leur blessure immortelle,

Le sommeil sépulcral a leurré leurs yeux las

Et l'âpre souvenir survivant à la tombe